lun.

15

juil.

2013

Réaction face à une Coronelle girondine massacrée et considérations générales sur les serpents, les hommes et la nature

La phobie des serpents n'a pas été transmise à cette petite fille...
La phobie des serpents n'a pas été transmise à cette petite fille...

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Deux coronelles girondines (Coronella girondica) @Michel AYMERICH

 

 «Tu crois pouvoir écraser cette chenille ?

 Bien, c’est fait : ce n’était pas difficile.

 Bien, maintenant, refais la chenille…»

 (Lanza del Vasto)

 

 Je réagis sur le cas de cette inoffensive et malheureuse petite Coronelle girondine (Coronella girondica) qui, malgré l’interdiction, par arrêté ministériel, de tuer les serpents, a été coupée en deux, parce que victime des préjugés qui sévissent à l’encontre de ces animaux.

 La Coronelle girondine, appelée aussi Couleuvre girondine, est un petit serpent (longueur totale maximale, 96 cm, souvent beaucoup moins) assez fin et aux écailles lisses, discret, indolent, dépourvu d’ «agressivité» (si tant est que ce concept offre la moindre pertinence pour caractériser chez d'autres espèces un comportement strictement défensif!), et de mœurs le plus souvent crépusculaires, voire nocturnes. C’est également, en France, le serpent qui s’accommode le mieux de la présence humaine et il est ainsi, avec le Lézard des murailles (Podarcis muralis) et la Tarente commune (Tarentola mauritanica, un gecko visible par temps assez chauds la nuit sur les murs), le seul reptile parvenant à survivre encore dans l’agglomération de Montpellier. De ce fait, c’est presque toujours elle qui est tuée près des habitations par des personnes persuadées qu’il s’agit d’une vipère, pourtant absente des proches environs de cette ville.

 Elle n’est, hélas, pas le seul serpent à être victime depuis le début des années 1970 d’une activité humaine inconsidérée (notamment rouler systématiquement en voiture sans se soucier des conséquences dans un environnement où rien n'est fait pour éviter les très nombreuses victimes animales en tout genre). Je passerai ici sur les trop nombreux autres exemples qu'il m'a été et m'est régulièrement donné, hélas, de constater en France, en Espagne, au Maroc...

 Bien sûr, bien d'autres animaux appartenant à des classes zoologiques diverses sont également victimes de la cruauté, de l'ignorance et/ou de l'indifférence humaine et surtout de ce droit que se sont arbitrairement octroyés les hommes et les femmes, appartenant notamment aux cultures monothéistes, de décider de quelle espèce peut vivre ou mourir.

 Des cultures anthropocentriques et monothéistes...

 A propos de ces dernières «cultures» (un bien beau mot en regard des immenses destructions occasionnées…), je ne résiste pas à l'envie de citer ce grand scientifique qu'était Théodore Monod «le saharien». Raisonnant sur la responsabilité des monothéismes, le penseur écrivait : « [Ils] ont tous trois mis en avant le dogme de la royauté de l’homme sur l’ensemble de la Création. L’homme est le roi, elle a été créée pour lui, ou presque, pour son profit ou pour son plaisir. C’est l’anthropocentrisme des Ecritures. Pour comprendre un peu mieux les choses, il faut en réalité revenir à l’Ancien Testament, parce qu’il s’y trouve un verset que je cite souvent et qui est à mon avis particulièrement affreux. Il s’agit du verset 2 du chapitre IX de la Genèse. Nous sommes après le déluge, Noé et sa famille ont débarqué, et le verset 2 dit :

« Soyez la terreur des êtres vivants. » Après quelques considérations sur la possibilité d'interpréter cette phrase comme la constatation d'un simple fait, Monod rétorque : « […] mais juste avant le verset 2 se trouve le verset 1, formulé sans ambiguïté : « croissez et multipliez. » Il semble vraiment qu’il s’agisse d’un impératif, c’est un ordre de la divinité, et celui-là n’a été que trop bien appliqué. Je crains que le verset 2 ne soit, lui aussi, un impératif et que ce terrible commandement ne doive être considéré comme une injonction. » (Isabelle Jarry, Théodore Monod, Ed. Payot, Paris 2001, pp. 235-236).

 Il est connu également que dans ces cultures, le serpent est un être maléfique, si ce n'est même un envoyé du diable ! Il faut noter que tel n'était pas le cas dans les cultures qui les ont précédées et que le monothéisme a combattu, y compris par les armes. Et là, on peut retrouver l'une des racines principales, sinon la principale, de la peur du serpent. Une racine culturelle. Il faut le préciser tout de suite, la peur du serpent n'est pas «instinctive», «innée», «naturelle» chez l'Homme. Tous les hommes sur terre ne cherchent pas à anéantir les serpents. Ainsi, un Français qui avait eu le rare privilège de participer à une chasse naturelle de Bushmens au Kalahari racontait-il qu'à un certain moment ceux -ci s'arrêtèrent pour lui montrer un serpent arboricole, se trouvant à hauteur d'homme, sans manifester de peur irrationnelle, sans tenter comme ça se fait ailleurs en poussant des cris d'hystérie de tuer le serpent, se contentant posément de montrer l'animal à ce Blanc qui les accompagnait…

 Un bébé, mais aussi un tout petit enfant n'auront aucune peur de ces animaux. Visitant un jour le zoo de Moscou, avec mon ex-femme russe et sa nièce de 8 ans, j'ai pu, une fois de plus, vérifier cela. Un gros serpent d'1,70 m environ se trouvait posé sur un banc, afin que les gens puissent le voir. La petite fille qui n'avait jamais vu de serpents de sa vie, et surtout n' avait jamais eu la chance d'en toucher un, avait été informée par une seule phrase : «C'est un Python molure, ce serpent n'est pas dangereux…» L'indication lui suffit. Elle se dirigea sans hésitations vers le paisible animal et le caressa doucement, et lui soutenant délicatement la tête, elle l'aida à se mouvoir, à ne pas tomber de son banc, expliquant de sa propre initiative aux autres enfants qui n'avaient peut -être pas eu la chance d'avoir des parents dépourvus de phobies : «Il n'est pas dangereux, ne lui faites pas mal, faites attention à sa tête… » La peur est transmise socialement et elle est irrationnelle. Notamment quand elle se rapporte au serpent, au singulier. C'est -à-dire indépendamment de savoir si un serpent concret est (potentiellement) dangereux ou non.

 Un serpent, c'est un animal comme un autre...

 Souvent, très souvent, le serpent est perçu à tort comme un non-animal, un être visqueux et froid, et cela, sans considération du fait que ces reptiles ont des écailles (ne fait-on pas, hélas (2), des ceintures, des chaussures, des sacs en peau de serpent ?) et qu'ils sont à température variable. C'est -à-dire que la température de leur sang n'est pas constante et qu'ils doivent la réguler, tantôt en recherchant une source de chaleur, tantôt en s'éloignant de celle-ci.

On ignore alors – ce qui devrait être apparemment mieux enseigné dans les écoles (je suis, par ailleurs, farouchement partisan d'un enseignement de l'écologie en tant qu'une des matières principales (3) – que les serpents sont des Reptiles, lesquels par conséquent sont des Vertébrés. Ils possèdent une colonne vertébrale, des vertèbres et des côtes. On semble ignorer trop souvent qu'ils possèdent un cerveau, un cœur, des poumons (dont chez la plupart des espèces, seul le droit est vraiment développé, le gauche étant très réduit, voire atrophié...), un foie, un estomac, un intestin grêle et un gros intestin, des muscles, des reins, une vésicule biliaire, un pancréas, un «pénis» (en fait des organes copulateurs pairs appelés hémipénis) et des testicules (lorsqu'il s'agit d'un mâle), un ovaire (lorsqu'il s'agit d'une femelle), un rectum et un cloaque, etc.

Bref, qu'à la différence du cloaque et des hémipénis et de la possession d'un seul poumon vraiment fonctionnel, la plupart des organes que nous avons, nous humains, nous les partageons avec eux (4). Leur sang est rouge et non pas vert comme les monstres «reptiliens» d'Hollywood.

Ils n'ont plus de pattes. Ce n'est pas parce qu'ils auraient été condamnés «éternellement» à ramper, c'est la conséquence d'une adaptation, d'une évolution qui leur confèrent de nombreux avantages. Et lorsqu'on prend la peine d'observer un serpent se mouvoir, alors on est frappé par la beauté de ce mouvement, son harmonie, cette magnifique agilité, sa force lorsqu'il s'agit de grimper sur des branches.

En outre, les serpents sont sourds. Mais, ils le sont en ce sens qu'ils sont dépourvus d'oreilles. Par contre, ils perçoivent les vibrations du sol et de l'air. Leur langue, en relation avec un organe olfactif spécifique aux serpents et à certains lézards, l'organe de Jacobson, est un outil développé de prospection de leur environnement qui leur permet de s'orienter et de trouver leurs proies.

 Nul n'est sensé ignorer la loi, mais...

  Les serpents sont protégés par la loi en France et en Europe. «Nul n'est sensé ignorer la loi.» Mais cela ne suffit pas du tout. Il faut contribuer personnellement à protéger tous les serpents, y compris venimeux. Protéger ces animaux, c'est au-delà de leur cas précis, protéger une nature véritablement sauvage, et par conséquent la nature dans ce qu'elle a de plus intrinsèque, contre les souillures de ceux des hommes grossiers qui n'ont cure de ce qui adviendra après leur mort d'individualités médiocres. Les enfants, au moins eux, n'y ont -ils pas droit ? N'ont -ils pas droit à autre chose qu'à une vie dans le béton, dans un univers stérilisé, désenchanté et ennuyeux engendrant nécessairement une violence toujours plus barbare de chacun contre tous ?

 Les serpents n'attaquent jamais, ils fuient. Se faire mordre par un serpent venimeux (une vipère, par ex.), dans la nature en France et dans la plupart des pays, est extrêmement rare et tout à fait évitable. Il suffit de ne pas marcher pieds-nus ou en sandales là où des serpents venimeux peuvent exister. Il ne faut pas non plus mettre les mains n'importe où sans regarder. Est -ce trop demander? Se promène-t-on « librement » sur les autoroutes ?

  A propos du comportement d'un serpent, venimeux en l'occurrence, voici une anecdote qui permettra à celui ou à celle qui me lit de se faire une idée de leur manque d'«agressivité». Je me trouvais, voici quelques années, à discuter assis sur le sol avec un ami passionné d'écologie, quelque part au Mont Aigoual dans les Cévennes, quand j'entendis un froissement d'herbes. Je dis à mon ami : «Tiens, ce doit être un serpent...» J'attendis quelques secondes et vis, en effet, une Vipère aspic apparaître des buissons et s'approcher de nous. En réalité, elle se dirigeait dans notre direction sans se rendre compte de notre présence. Nous étions tout simplement sur son passage. Alors, sans bouger de ma place, me baissant jusqu'à son niveau, je profitais de l'aubaine pour la photographier à quelques centimètres de distance. S'étant aperçue pendant cette séance de photographie de notre présence, elle décida de rebrousser chemin et mon ami et moi, nous continuâmes à discuter, sans avoir bougé d'un iota de notre place, sans nous soucier du serpent, sachant parfaitement que la vipère avait décidé de ne plus s'approcher.

 Quelle conclusion tirer de cela?

 Qu'il est infiniment moins dangereux de coexister avec une vipère à quelques mètres de soi, voire moins, qu'avec de nombreux membres de notre espèce. D'ailleurs, j'ai toujours plus peur d'être victime avec une compagne d'une agression humaine, lorsque je fais du camping sauvage dans la nature ou d'être victime d'un accident d'automobile, et donc de l'inconscience d'autres humains (hommes ou femmes !), enivrés par la puissance de leur voiture, que d'un serpent dans la nature ou encore d'un scorpion dont je peux également affirmer, les connaissant très bien, qu'ils sont eux aussi dépourvus d' «agressivité».

 Un vocable à réserver aux hommes de nos cultures que l'auteur américain Daniel Quinn qualifiait dans son roman philosophique «Ishmael» de «ceux-qui -prennent» (qui prennent tout : la vie des autres espèces, l'espace des autres espèces, les proies des autres espèces, etc., ainsi que la vie des autres hommes...), par opposition à «ceux-qui-laissent» (les espèces animales sauvages et les peuples de chasseurs-cueilleurs, tels, par exemple, les Aborigènes d'Australie, les Papous, les Bushmens, les Pygmées ou les Indiens d'Amazonie, ainsi que toutes les espèces animales sauvages...). C'est -à-dire les espèces animales sauvages et ceux des hommes et des femmes qui ont appris depuis des temps immémoriaux à vivre dans un équilibre sain, sinon en harmonie avec toutes les espèces animales et végétales. Ceux encore qui savent qu'on ne peut tuer impunément. Mais ces peuples, avec toute la nature, se meurent. (Voir mon article: http://www.michel-aymerich.com/2013/07/03/l-humanit%C3%A9-ce-sont-%C3%A9galement-les-peuples-de-chasseurs-cueilleurs/)

 L'ange de l'histoire

 N'ai -je pas raison d'avoir peur du cours actuel des choses, quand je constate à quel point des milliards d'hommes, sept et bientôt dix milliards!!! (Voir mon article:http://www.michel-aymerich.com/2013/06/26/il-faut-briser-conceptuellement-et-moralement-la-dictature-du-tabou-concernant-notre-droit-usurp%C3%A9-%C3%A0-procr%C3%A9er-sans-fin-et-de-mani%C3%A8re-purement-criminelle/), certes avec des responsabilités très inégales, continuent de saccager la planète, plongés qu'ils sont dans l'obscurantisme moderne et possédés soit d'une part par la recherche du profit immédiat et/ou obnubilés par une consommation débridée, soit contraints à la lutte pour la survie d'autre part ?

 L'essayiste et philosophe allemand Walter Benjamin écrivait en 1940 dans ses thèses sur le concept d'Histoire : « Il existe un tableau de Klee qui s'intitule "Angelus Novus". Il représente un ange qui semble sur le point de s'éloigner de quelque chose qu'il fixe du regard. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. C'est à cela que doit ressembler l'Ange de l'Histoire. Son visage est tourné vers le passé. Là où nous apparaît une chaîne d’événements, il ne voit, lui, qu'une seule et unique catastrophe, qui sans cesse amoncelle ruines sur ruines et les précipite à ses pieds. Il voudrait bien s'attarder, réveiller les morts et rassembler ce qui a été démembré. Mais du paradis souffle une tempête qui s'est prise dans ses ailes, si violemment que l'ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement vers l'avenir auquel il tourne le dos, tandis que le monceau de ruines devant lui s'élève jusqu'au ciel. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès. » (Sur le concept d'Histoire, IX thèse).

Alors, face à ce processus monstrueux, faisons en sorte dès maintenant que «le monceau de ruines» ne devienne pas très prochainement un gigantesque assemblage de ruines et de détritus qui finira par s'abattre sur nous. Pour cela, laissons exister la nature sauvage, laissons vivre les serpents, tous les serpents, comme laissons vivre les loups, les ours, les lynx etc. et donnons l'exemple à ceux des peuples qui tournent leurs regards vers nous. Car autrement, comment conseiller aux habitants de l'Inde de ne plus massacrer ou laisser massacrer les derniers tigres et protéger leurs habitats ? aux habitants de l'Indonésie d'interrompre le massacre des orangs-outans et de cesser de faire ou laisser disparaître les habitats de nombreuses espèces et de tout faire pour les sauvegarder ? de conseiller aux habitants du fantastique continent africain -berceau des Hominidés et de notre espèce- de ne pas massacrer ou laisser disparaître les gorilles, nos autres cousins très proches que sont les Bonobos et les nombreuses autres espèces de ce continent si riche en espèces animales et végétales ? Oui, comment argumenter de façon crédible si nous ne donnons pas, nous-mêmes, l'exemple pour convaincre de ne pas suivre le triste exemple du Maroc où en 1942 un des derniers Lions de l'Atlas était abattu (5), où dans les années 1950 les derniers crocodiles disparaissaient (6), où les dernières hyènes, les derniers caracals, les derniers servals, les dernières panthères (qu'en est-il des guépards?) et bien d'autres espèces animales (7), sans parler de la disparition du couvert végétal...(Dans sa mise à jour de cette année 2013, l’UICN place le cèdre de l’Atlas sur sa liste rouge des espèces en voie de disparition), sont actuellement en train de s'éteindre dans l'indifférence quasi générale et ce alors que la sous-espèce marocaine du remarquable Cobra égyptien (Naja haje legionis) - exhibé pour le plaisir des touristes étrangers comme ceux du pays, complices en la matière, et avec la complaisance des articles à sensation (8)- est également menacée d'extinction...

 PS : Je précise que j'ai été mordu un certain nombre de fois (je fais référence à des envenimations, dont la dernière en novembre 2012 par une Vipère à cornes. Je ne compte pas les morsures de couleuvres), ainsi que piqué par des scorpions au Maroc, mais toujours parce que j'avais commis des erreurs de manipulation avec des serpents ou des scorpions qui se sentaient en danger. Il en allait de ma responsabilité, jamais de celle de ces animaux...

 Par Michel AYMERICH

Notes:

1) Cité par Théodore Monod dans «Et si l’aventure humaine devait échouer», Paris 2000, p.114.

2) Des millions de serpents d'Asie, d'Afrique, mais aussi des Etats-Unis sont victimes de la cupidité menaçant des espèces de disparition et déséquilibrant les équilibres naturels. Dans certains pays, la raréfaction des serpents a probablement conduit à des déséquilibres au sein des populations de proies, comme de prédateurs spécialisés dans la capture des serpents...

3) Sans penser, toutefois, qu'ainsi le problème des destructions écologiques diverses serait automatiquement en voie de résolution, loin, très loin de là... Sans penser non plus que la question du respect moralement motivé, non des espèces, mais des individus («spécimens» dans le langage idéologique de la «science»...) composant les diverses espèces, serait seulement posée. Mais cela pourrait aider à préparer la nécessaire prise de conscience radicale que le respect des espèces et de l'équilibre régissant leurs rapports réciproques est un impératif qui s'impose.

4) N'étant pas dans mon intention de faire une liste exhaustive de l'anatomie des serpents mâles et femelles, la liste donnée reste indicative et illustrative d'une famille d 'animaux vertébrés qui n'ont rien en commun avec, par exemple,... les vers.

5) Cuzin, Fabrice, « Les grands mammifères du Maroc méridional », Thèse de Doctorat, discipline Ecologie animale, EPHE, Université Montpellier II, 3 février 2003, p. 234.

6) Bons, Jacques, Geniez, Philippe, « Amphibiens et Reptiles du Maroc (Sahara Occidental compris) Atlas biogéographique », Barcelone, 1996, p. 266.

7) Cuzin, Fabrice, Op. cit.

8) Il y a quelques années, à la honte de la revue «Terre sauvage» (N° 190 - Décembre 2003 - Janvier 2004) pourtant d'habitude mieux inspirée et s'affichant comme étant soucieuse d'écologie, un article mal informé et trompeur publiait des photos de cobras capturés par un Aïssaoui, sans que rien ne soit écrit sur leur triste sort programmé et les très sérieuses menaces qui pèsent sur cette espèce. (Voir mon article:http://www.michel-aymerich.com/2013/07/03/proposition-d-alternative-aux-actuels-spectacles-moyen%C3%A2geux-pr%C3%A9sentant-%C3%A0-marrakech-des-serpents-des-singes-magots-et-d-autres-animaux/)

La femme avec le serpent...

Woman with Snake, 1938. Photo Paul Outerbridge
Woman with Snake, 1938. Photo Paul Outerbridge

Ici, le serpent et la femme, avec l'arbre pour cadre naturel, représentent une union fructueuse de la procréation, de la naissance, de la mort et de la promesse d'une nouvelle vie.  L'ophidien est porté tel un nouveau né par une femme aux traits et aux formes franchement féminins. Elle l'observe - quelque peu soucieuse - avec une expression maternelle. Ses écailles ventrales segmentées, ses anneaux formant un cercle et sa couleur noirâtre suggèrent les entrailles de la femme. La langue dardée nous rappelle qu'il s'agit bien d'un serpent. La partie terminale de son corps descend, longe les formes féminines  jusqu'à se confondre avec celles-ci en en épousant les contours. La queue semble discrètement à la façon d'un long phallus vouloir aller rejoindre le vagin dans un acte prometteur de vie. Ici, point d'absurde phobie ni de diabolisation. Point de consternant "péché",  pas de contrition tant autodestructrice que destructrice du vivant, mais une érotique nudité assumée sans complexes au Paradis constitué de la forêt et de ses habitants indissociables. Ensemble, ils forment une totalité vitale aux parties interdépendantes...

 

Michel Aymerich

Autres articles où il est question de serpents...

La Couleuvre de Montpellier occidentale (Malpolon monspessulanus monspessulanus)

C'est une grande couleuvre de fière allure. Les mâles dépassent parfois, bien que très rarement en France, les 2 m. Au Maroc, on trouve fréquemment des mâles de plus de 1,80 et les exemplaires de 2 m ne sont pas rares. J'en ai trouvé un de 2,05 m après El Aïoun du Drâa et j'ai récupéré chez des Aïssaoua trois exemplaires qui dépassaient les 2m. Un spécimen de 2,17m a été mesuré dans ce pays. Le record dûment documenté est de 2,23m ! Lire!

Capture d'un cobra au Maroc et réflexions sur les cobras et les hommes!

Nous partons à la recherche d'un cobra. Nous sommes au printemps 2008. Les serpents doivent chercher à s'accoupler et donc s'aventurer plus qu'à d'autres périodes de l'année hors de leurs terriers. je suis toutefois sceptique quant à nos chances de succès. La pression anthropique, notamment sous la forme de captures par les Aïssaoua, est dévastatrice ! Mais la chance est au rendez-vous... Lire!

Chinois et serpents...

"Ces Chinois rencontrés ne savaient peut-être pas toujours différencier serpents venimeux et non venimeux, mais l'existence de ces deux catégories allait de soi pour eux. Ce n'est pas du tout le cas dans les campagnes marocaines où souvent j'ai entendu dire que "tous les serpents sont venimeux"... "Tous", sans exception! Et combien de fois n'ai-je pas entendu au Maroc que les serpents non venimeux que je manipulais avaient auparavant craché leur venin... 

  Un autre paradigme culturel

J'avais le sentiment, en observant ces comportements si distinctement opposés à ceux qu'habituellement je connaissais que ces Chinois témoignaient là d'une évolution culturelle générale qui les avait préservés de l'irrationalité manifeste encore si répandue chez de nombreux membres des sociétés monothéistes..."

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"Mon" serpent-lime de Crosse

"J'étais dans ma case et me préparais à aller me coucher sur mon lit de camp quand j'entendis la voix de mon ami Wang Wei. Il me criait: «Mamba noir! Mamba noir!» Je me rhabillai en toute vitesse, ouvris la porte de ma case, sortis et le suivis à la «base des Chinois» qui se trouvait toute proche. Base de la société CRCC (China Railway Construction Corporation) qui travaille là-bas à préparer le terrain pour la future construction d'une ligne de chemin de fer..."

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Vidéo: "Séances photos de serpents de Chine avec Michel Aymerich"

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