ven.

31

oct.

2014

Kobanê, nouveau Stalingrad!

 On n'a pas deux cœurs, l'un pour l'animal, l'autre pour l'homme... On a du cœur ou on n'en a pas.

Il n'est politiquement pas l'homme, dont je recommanderais les analyses. Lui et moi divergeons en la matière sur bien des points. Mais Franz-Olivier Giesbert s'est montré passionné et convainquant quand il a fait face aux questions suscitées par la parution de son nouveau livre « L'animal est une personne » (Fayard), notamment dans l'émission « On n'est pas couchés ». Il a su avec raison décrier l'argument consistant à dire qu'il y a plus important que la souffrance des animaux non-humains et que partant cette souffrance peut être ignorée. Il est utile d'écouter ce passage, disponible sur Internet. Il faut surtout lire son nouveau livre. Je ne l'ai pas encore lu, mais j'ai compris qu'il s'agit d'un plaidoyer convainquant au moins par la somme des expériences et anecdotes relatées. Je suppose que FOG ne s'en est pas tenu à la seule dimension subjective...

Il nous invite, comme d'autres avant lui, à réfléchir sur la question de notre rapport aux animaux-non humains. Il a raison. Nous qualifions, en effet, la plupart du temps les non-humains d'animaux par opposition à nous mêmes. Comme si nous n'étions pas également des animaux. Des mammifères, plus précisément des primates, plus exactement des membres de la famille des Hominidae aux côtés de nos cousins proches, les bonobos, les chimpanzés, les gorilles et les orangs-outans. Les sciences ont considérablement repoussé les frontières entre eux et nous. « Le jour où les humains comprendront qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires... » nous dit Boris Cyrulnik.

Certes, nous sommes, pour nombre d'entre-nous, horrifiés par la souffrance des nôtres. Et ceux là sont les hommes, les animaux humains. Mais entre la souffrance des uns et la souffrance des autres, il y a une continuité. Les bourreaux des hommes ne se sont-ils pas auparavant souvent exercé sur des animaux non-humains? N'ont-ils pas appris à s'insensibiliser? Les défenseurs des animaux aiment à citer Lamartine: « On n'a pas deux cœurs, l'un pour l'homme, l'autre pour l'animal… On a du cœur ou on n'en a pas ». C'est juste et il faut en tirer les conséquences.

Or si un grand nombre d'entre-nous se montre horrifié par la souffrance des nôtres au sens de ceux qui appartiennent à Homo sapiens sapiens, j'observe toutefois ce qui ressemble fréquemment à une indifférence de fait envers le sort des combattantes et combattants kurdes de Kobanê. Je le constate chez un échantillonnage que je pense n'être pas accidentel, mais généralisable à un certain nombre de défenseurs de la cause animale et chez bien des naturalistes. Hélas. Pourtant l'idée de Lamartine peut très bien être formulée de la façon suivante : On n'a pas deux cœurs, l'un pour l'animal, l'autre pour l'homme... On a du cœur ou on n'en a pas. Je sais, celles et ceux de la PA (la protection animale) ont tant à faire. Et les écologistes et les naturalistes aussi. Faut-il argumenter? Au-delà de l'appel au coeur, il y a l'appel à la raison. Le sort d'Hervé Gourdel doit nous rappeler que nul ne peut vivre dans une bulle hermétique...

Pour Kobanê, il y a urgence !

Là, il y a urgence face au sort dramatique des Kurdes de la ville de Kobanê. Ces Kurdes toujours assiégés qui résistent aux barbares fascistes de l'Etat islamique auto-proclamé, dit « Daech »... Ces Kurdes qui ont résisté seuls depuis un mois et demi. On disait leur sort scellé. A ce point désespéré qu'ils finiraient en peu de temps par être massacrés par les Djihadistes. Avec à la frontière toute proches les troupes turques qui observent, complaisantes... Ces troupes turques qui laissent passer les candidats au Djihad qui par milliers ont afflué pour aller rejoindre les islamistes de « Daech ». Ces mêmes troupes qui ont empêché les volontaires kurdes de Turquie d'aller prêter main forte à leurs sœurs et frères assiégés.

Les Unités de protection populaire (YPG) sont parvenues à résister. Après avoir perdu leur quartier général, elles ont reconquis des positions. Les frappes américaines ont contribué à affaiblir les barbares. Et maintenant, grâce à la pression internationale, des volontaires kurdes d'Irak peuvent pénétrer Kobanê. Des Kurdes d'Irak, pas de Turquie ! La Turquie n'a donc cédé à la pression que partiellement. Quel est le calcul cynique du pouvoir islamiste de Turquie ? Il faut exiger que les volontaires kurdes de Turquie puissent pouvoir librement passer la frontière pour aller renforcer leurs sœurs et frères. Un corridor doit pour cela être créé à la frontière entre la Syrie et la Turquie par lequel des armes sophistiquées pourront être acheminées. Afin de conférer aux combattantes et combattants kurdes des Unités de protection populaire une supériorité écrasante sur le monstre « Daech ».

Parallèlement, il faut retirer le PKK (Partiya Karkerên Kurdistan ou Parti des travailleurs du Kurdistan) de la liste des organisations terroristes. BHL (encore un « people » diront les mauvaises langues!) le propose avec une argumentation convaincante dans un article qui mérite la lecture (« Il faut retirer le PKK de la liste des organisations terroristes ». Mercredi 22 octobre 2014). Oui, Bernard Henri-Lévy. Et qu'il ait pu éventuellement avoir tort aux yeux de certains sur un autre dossier n'enlève rien à la pertinence de son article sur les Kurdes du PKK. Qui peut se targuer de n'avoir jamais eu tort ?

Il écrit : « En sorte que, si l’on compare l’AKP d’Erdogan au PKK d’Ocalan, l’islamisme de moins en moins modéré du premier à l’anti-islamisme de plus en plus radical du second, le double jeu de l’un laissant transiter par sa frontière des convois d’armes lourdes à destination des coupeurs de têtes à l’héroïsme des combattants et combattantes qui, avec le seul appui des avions de l’Otan, contiennent les mêmes coupeurs de têtes et les affrontent au corps-à-corps, si l’on compare l’armée turque que son appartenance à l’Alliance atlantique n’empêche pas de rester l’arme au pied tandis que l’on massacre les minorités chrétiennes à cette colonne du PYD, organisation jumelle du PKK, qui a réussi, en dix jours, à travers un corridor ouvert, sous le feu de l’ennemi, en plein territoire irakien conquis par les islamistes, le sauvetage des 70 000 yazidis du mont Sinjar, force est de constater que le terrorisme n’est plus là où l’on croit. »

Demain, journée mondiale pour Kobanê!

Demain, 1er novembre, aura lieu la journée mondiale pour Kobanê! A Paris, à Marseille, Rennes, Strasbourg, Toulouse, Rabat, Agadir, Nador, Aokas, Bâle, Cologne, Hambourg, Berlin, Brême, Francfort, Nuremberg, Freiburg, Stuttgart, Oslo, Stockholm, Göteborg, Copenhague, Vienne, Athènes, Nicosie, Londres, La Haye, Bruxelles, Helsinki, mais aussi en Amérique latine, aux Etats-Unis, au Japon, en Inde et au Pakistan... A Paris, c'est à 14h : de Bastille à République!

L' URGENCE demeure. Kobanê n'est pas encore sauvée. Les Kurdes doivent tenir compte de deux ennemis islamistes. L'un représenté par l'AKP d'Erdogan, l'autre par ceux de «Daech»... La moindre des choses est de faire un bruit incessant quant à Kobanê à travers nos maigres moyens que sont nos blogs, nos comptes Facebook, nos listes de mails, nos réseaux, nos contacts en général, nos amis! « Urgence », ce n'est pas une affirmation subjective, c'est une constatation de tous les observateurs. Une « sensibilité » qui ne s'exprime pas ne suffit pas. Il faut réagir vite en AMPLIFIANT la cause des combattant(e)s kurdes de Kobanê qui n'ont que faire d'une sympathie qui demeure inexprimée! « Maigres moyens » qui amplifiés par le NOMBRE peuvent devenir une force considérable! A la manière d'un ruissellement de multiples ruisseaux qui deviennent des rivières, puis des torrents... Nos gouvernants ne peuvent alors faire la sourde oreille.

Michel AYMERICH

The Kurdish Female Fighters of Kurdistan in Kobani - The Partisan (Leonard Cohen)

For month the Kurdish town of Kobani in Syrian Kurdistan (Rojava) is surrounded by ISIS terrorist, brave female and male Kurdish fighters of YPG with light old Soviet arms fight the heavy equipped ISIS terrorist with tanks and heavy American weapons captured from Iraqi Army. VOIR ET ECOUTEZ!

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Commentaires : 1
  • #1

    michel-aymerich (mercredi, 19 novembre 2014 22:55)

    L'ENTRETIEN - Patrice Franceschi, écrivain et militant de la cause kurde.
    Il est très important d'amplifier son appel! (pour voir l'interview, copiez le lien et collez le dans la barre d'adresse)
    https://www.youtube.com/watch?v=gaAcxF5UfH8